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: Je suis en train de regarder cette conférence de Vincent Mignerot à l'Université de Bretagne Sud.

« Strictement rien ne se passe s'il n'y pas d'énergie convoquée pour qu'il se passe quelque chose. Et c'est valable pour nous ici comme aux confins de l'univers. »

invidio.us/watch?v=9ME2gHHEdH8

Le lien est en mode audio mais parfois certains schémas sont à regarder.

« Notre imaginaire de la megafaune, les grands animaux, c'est les girafes, les rhinocéros, et les éléphants. C'est Disney quoi.

Mais en fait le continent sur lequel il y avait le plus de grands animaux sauvages ce n'est pas le cœur de l'Afrique. C'était en fait le continent d'Amérique.

Il y avait sur ce continent des chameaux, des éléphants, une quantité d'animaux qui sont dans les mêmes héritages d'espèces que l'on trouve aujourd'hui en Afrique. Ils ont tous disparu à notre arrivée. »

Un graphe qui compare la biomasse (vertébrés terrestres) il y a 10'000 ans à aujourd'hui.

On peut constater que les animaux sauvages sont en train de disparaitre, alors que l'humain et les animaux qu'il domestique se sont démultipliés.

« Nous avons capturé de l'énergie dans notre environnement : nous avons donc décimé les animaux sauvages autour de nous. Mais nous avons aussi appris une nouvelle façon de capturer de l'énergie, de manger. L'agriculture. »

« Il ne faut pas fantasmer sur le fait que l'augmentation du taux de CO2 va augmenter la quantité de biomasse végétale. On coupe de toutes façons beaucoup plus rapidement de forêt que la végétation ne repousse.
[...]
Entre 40 et 80% des insectes volants ont disparu.
[...]
70% des oiseaux de la planète Terre sont des volailles en batterie. »

Voilà, ça c'est pour le constat pas super réjouissant que nous entendons souvent.

« Oubliez l'Amazonie comme une forêt vierge, c'est un grand jardin qui a été transformé depuis des millénaires pour nourrir des communautés humaines. Toute l'Amazonie est constituée de végétaux qui historiquement nous ont servi. C'est un écosystème qui est largement non-naturel. Artificiel. »

Je retiens là que ce n'est pas parce qu'y évoluer est toujours très dangereux (dixit des connaissances guyanaises) que l'humain n'a pas eu une grosse influence dessus.

Une courbe à échelle logarithmique représentant l'évolution du nombre d'êtres humains de -65'000 à aujourd'hui.

- Stabilité à 1 million jusqu'à -40'000.
- Il y a 40'000 ans : invention des armes à propulseur.
- Il y a 10'000 ans : arrivée progressive de l'agriculture.
- Il y a 200 ans : exploitation des hydrocarbures.

Ces révolutions techniques nous ont permis d'augmenter le nombre de calories que nous pouvions consommer expliquant ces pics de démographie. L'énergie est toujours causale.

Le même graphique à échelle non écrasée (mais à partir de -10'000). Celui-ci vous avez dû le voir au moins une fois, puisque c'est celui qui révèle une des exponentielles qui inquiète tant de monde.

Pour être "rassurant", la plupart des scénarios tendent à démontrer que nous plafonnerions aux alentours de 11 milliards, alors qu'ils ne prennent pas en compte la crise climatique et la probable crise économique qui pointe le bout de son nez.

Ici, le premier schéma est connu. Il s'agit de la tendance connue et prévue de notre consommation d'énergie.

Le deuxième, que je découvre, illustre le lien rigide entre le PIB et notre consommation d'énergie.

« Nos sociétés font de la richesse à partir des transformations industrielles. »

Si on fait le lien entre ces deux graphiques, la démonstration est faite que le PIB mondial va s’effondrer ainsi que la production.

« Le pic du pétrole conventionnel a été atteint en 2006. La crise des subprimes 2 ans plus tard est directement liée à ça.

Depuis on augmente la quantité disponible en allant chercher des pétroles de très mauvaise qualité, très chers à extraire, et très polluants.

C'est grâce à ces pétroles que nous parvenons à maintenir de façon très artificielle une économie à peu prêt stable. Nous avons évité un déclin en créant des outils qui rajoutent des bulles sur des bulles, de la dette sur la dette. »

« Une hypothèse :

Nous ne faisons pas de transition énergétique, d'autant moins qu'elle ne s'est jamais produite historiquement.

- Quand on a découvert le charbon on n'a pas arrêté de couper des forêts, on a construit des bateaux à charbon pour aller les couper ailleurs.
- On n'a pas tué moins de baleines quand on a eu la possibilité de faire des lubrifiants avec autre chose que des baleines.

On ne substitue jamais, on additionne. Ce graphique le démontre. »

« Toujours dans l'hypothèse :
La question est de savoir dans quelle mesure l'ajout d'un nouveau moyen de production d'énergie, donc de richesse, ne permet pas aussi aux sociétés de renforcer leurs puissances économiques... ce qui renforce leurs capacités à acheter ou à extraire des hydrocarbures ? »

En résumé : il est fort probable que le développement des énergies renouvelables favorise l'extraction d'hydrocarbures.

« Moins spéculatif : Plus les années passent, plus nous avons des exemples de sociétés pétrolières qui achètent des énergies vertes sur les marchés ou fabriquent directement des parc d'éoliennes ou de panneaux solaires pour alimenter les sites pétroliers en énergie afin d'extraire du pétrole du sol. »

Et là, je ne peux m'empêcher de penser à l'Akademik Lomonosov, la centrale nucléaire flottante russe dont ce sera la fonction première.

futura-sciences.com/planete/ac

« Quand une transformation est faite on ne peut pas revenir en arrière. C'est le principe d'irréversibilité.

Nous avons l'impression que les arbres repoussent et que la forêt se restaure ainsi. Que parce que c'est vert l'écosystème est restauré. Mais l'irréversibilité fait que la restauration de la biomasse des écosystèmes vivants après une extinction telle que nous sommes en train de la produire prendrait au minimum 5 millions d'années. Homo sapiens a 300'000 ans. »

« Si vous remplissez un seau de sable, que vous dispersez son contenu ailleurs, et que vous souhaitez ensuite remettre tous les grains de sable dans le seau : ça va vous prendre un temps fou, vous n'y arriverez pas, et ça vous demandera infiniment plus d'énergie que lorsque vous avez rempli le seau. C'est l’entropie.

Nous ne pourrons jamais récupérer les particules de CO2 qui sont dans l'atmosphère car elles sont dispersées. L'hydrocarbure était, vulgairement, son état concentré. »

Voici les différents scénarios en fonction de l'intensité de la hausse des températures.

Depuis la création de ce graphe, le pire scénario (en rouge) a été réajusté à 7 degrés pour 2100. C'est la trajectoire que nous suivons. Cependant :

« Les courbes du GIEC sont calculées comme si les ressources étaient inépuisables. Le pire des scénarios est calculé comme si nous avions du charbon, du pétrole, du gaz à l'infini. »

Lorsque les limites physiques sont considérées :
« On est plutôt entre 2,8 et 5 degrés. Quoi qu'il en soit après 2100 la température va continuer à augmenter.

Grosso modo, la planète à +4 degrés est désertique jusqu'au nord de l'Europe. Ce n'est pas un fantasme, et l'été que nous venons de passer est un moment de désertification sur le territoire français.

On peut avoir la même quantité d'eau qui tombe sur l'année et rentrer dans un processus de désertification car les sols n'absorbent plus. »

« J'avance, pour qu'on puisse enfin parler effondrement. Ah oui. Je n'en parlais pas en fait ! »

😅

« La moyenne de température planétaire on s'en fiche. Les océans ne réfléchissent pas de la même façon les infrarouges que les terres. Ce qui fait que l'atmosphère au dessus des terres se réchauffe plus qu'au dessus des océans.

Pour 1 degré de réchauffement climatique planétaire, sur le territoire français on a 1,5 degrés. Et 4 degrés en montagne et au pôle nord. »

Passez la souris sur le gif.

Le très célèbre scénario "business-as-usual" du rapport de Meadows de 1972, vérifié au début des années 2000.

Les pointillés sont les prévisions, et les parties grasses le réel.

« Ce qui est sûr c'est que ce modèle est fiable sur le plan historique. C'est le seul qui a une validation sur plusieurs décennies. »

Toutes ces exponentielles sont aussi très connues.

« C'est la grande accélération. Jusqu'à présent elle a été totalement défavorable aux écosystèmes mais totalement favorable à l'humanité. Jusqu'à à peu prêt 2018.

Ce processus d'accélération contraint nos choix à grande échelle. »

« Ce que nous ne voulons pas voir apparaître dans notre organisation collective, ce sont trois paramètres régulateurs qui se jouent sur : l'alimentation, la santé, et la sécurité.

La sécurité, c'est LE paramètre qui a totalement été occulté par tous les discours écologiques depuis que les discours écologiques existent. Aucun n'explique comment relier la réduction du PIB et le maintien de la défense.

Ceci créé de la réactance : le discours génère de l'angoisse chez l'interlocuteur. »

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@raph
C'est d'ailleurs ce qui est reproché aux pro-nucléaire qui disent en gros que le nucléaire remplace les autres sources d' énergies
c'est juste faux, elle s'aditionne également

@damvfl On le voit bien dans le premier graphique de ce post : dissidents.social/@raph/103014

Alors que le nucléaire se développe, le charbon (dont il était censé être un substitut) n'a cessé de croitre aussi.

@raph Ça fait des lustres qu'on nous bassine avec le pic pétrolier, toujours pas atteint, alors pourquoi pas envisager son exploitation encore un siècle...

@lwy Il a bien été atteint, et ce n’est pas un secret ou une fabulation. La question est de savoir jusqu’à quand le non-conventionnel nous permettra de faire semblant que non.

@raph Non !!! Tous les experts ne sont pas d'accord sur le point qu'il ait été atteint. Entre les gisements sous marins, polaires, Yéménites, Bahreïnite, de schistes, et j'en passe... Certains même de dire que ce sera en 2025... Et on nous bassine avec ça depuis...1950 !!!

@lwy Entre l’agence internationale de l’énergie souvent plutôt optimiste, et des petits gars qui n’ont sur leurs CVs que Total ou Exxon, je sais a qui me fier.

D’autant plus que tout nous le prouve au quotidien. En particulier l’économie que nous devons trafiquer pour ne pas décroître, alors que la production mondiale commence à se stabiliser. Ça fait déjà deux indicateurs.

Ce n’est pas parce qu’on extrait toujours plus de barils que le pic n’a pas été atteint 🙂

@raph Tu te contredis..."la production mondiale commence à se stabiliser", "et on extrait toujours plus de barils"... Perso je ne crois ni l'AIE, ni les quelconques petits gars, les gisements potentiels du Yémen supérieurs à ceux d'Arabie saoudite sont certainement une des raisons de la guerre là bas, enfin, les nouvelles énergies, les nouveaux matériaux (nanos et consorts) influent sérieusement sur les futurs besoins énergétiques, mais bien malin celui qui sait, moi je doute...de tout...tout...et l'essentiel n'est pas là....pour moi. Depuis 1950 on l'annonce et le repoussons !!!!!! Merde quand même !!! lol Et c'est bien l'AIE qui parle de 2025...maintenant (et sans tenir compte de toutes les références que je t'ai mis précédemment)...Ce pic a toujours été repoussé...entends tu ? futura-sciences.com/sciences/q

@lwy Pas la production de pétrole. La production tout court :)

Ce que tu dis est intéressant. Les réserves d'Arabie Saoudite nous permettraient de tenir encore quelques années, mais en effet la découverte de nouveaux gisements n'est pas à exclure bien qu'elle serait regrettable.

Ceci dit le lien que tu me passes confirme que le pic de conventionnel a bien été atteint.

@raph AURAIT bien été atteint !! Le conditionnel !! Juste les ressources schistiques, peuvent le repousser, "Selon l'AIE en effet, il faudrait multiplier par 2 ou par 3 les extractions de pétrole de schiste pour éviter aujourd'hui que le pic pétrolier ne soit atteint en 2025". Quid des pôles, des gisements sous marins, du Yémen !!!??? Bref.

@lwy Le pétrole de schiste n'est pas conventionnel.

Quand aux gisements sous-marins il a déjà été démontré que leur TRE n'est pas suffisant pour qu'ils soient viables. Idem pour ceux des pôles.

Pour le Yémen je ne trouve pas de source. Si tu en as je suis preneur ✌️

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@raph C'est un graphique très intéressant. Ça montre y quel point les arguments du type « il neige, donc on est encore bon pour le réchauffement climatique » sont stupides. Mais ça veut dire que ça va être une catastrophe pour les pôles 🙁

@raph C'est encore pire que l'effet rebond (qui dit qu'une nouvelle source d'énergie moins cher va augmenter la consommation, et donc augmenter les coûts totaux au final). 😕

@raph Ce graph vient de la publication suivante :

BAR-ON, Yinon M., PHILLIPS, Rob et MILO, Ron, 2018. The biomass distribution on Earth. Proceedings of the National Academy of Sciences. 19 juin 2018. Vol. 115, n° 25, pp. 6506‑6511. DOI 10.1073/pnas.1711842115.

Disponible à l'URL suivante : pnas.org/content/115/25/6506

@raph Plus précisément, on trouve en page 88 (c'est-à-dire 89) des figues en annexe, une actualisation de ce graphique.

pnas.org/highwire/filestream/8

@raph On peut aussi noter que les données et le code utilisé pour les traiter sont sur GitHub : github.com/milo-lab/biomass_di

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